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[Revend] Direction : Blanquer veut un changement de statut et un rapprochement des collèges !

mardi 5 février 2019

Le ministère prépare le terrain pour une restructuration du premier degré et une évolution du statut de la direction. Un projet de loi ou un texte réglementaire est prévu pour le début de cette année. Pour le SNUipp-FSU, ce n’est pas une bonne réponse aux préoccupations des équipes.

"Directeurs d’école : un changement de statut pour favoriser les liens entre primaire et collège" : c’est le titre d’une communication gouvernementale du 15/11/2018 que l’on peut trouver en cliquant ici.

Les objectifs sont clairement énoncés : “Arriver à un changement du statut de directeur d’école”, se "rapprocher la fonction de celle de chef d’établissement du second degré et favoriser les liens entre enseignements du premier et du second degrés".

Vers une école du socle ?!

Derrière ce barbarisme, un rapprochement étroit avec le collège, avec des possibilités telles qu’une articulation administrative école/collège, avec des collèges personnes morales, la création de pôles scolaires allant de la maternelle au lycée ou la suppression des écoles maternelles et élémentaires pour ne garder que des primaires.

A noter que les mesures de cartes scolaires de cette année et des précédentes préfigurent cette évolution : les primarisations et fusions se font à un rythme toujours soutenu, sous prétexte notamment de dédoublement des CP et CE1 non financés.

Pour le SNUipp-FSU, cette évolution présente des risques importants :
- une réorganisation du 1er degré sur le modèle hiérarchique du secondaire qui fragiliserait et casserait le collectif de travail. C’est pourquoi les CHSCT doivent être consultés avant toute modification du cadre de travail.
- la place de l’école maternelle est particulièrement menacée,
- des fusions et primarisations dans le seul objectifs de préparer cette mesure,

La direction d’école : pilote de la politique ministérielle ?

Pour le SNUipp-FSU, évaluations et performances fondent la politique ministérielle. Le ministère aurait donc besoin d’un pilote pour la mettre en œuvre et s’assurer sa bonne application. Normes, contrôles, indicateurs chiffrés, évaluation et performance : ce lexique pourrait résumer, si ce n’est pas déjà le cas, la nouvelle façon d’enseigner dans le premier degré, façon Blanquer,. Le ministre a déjà effectué un changement de paradigme dans le recours systématique à l’évaluation des élèves, des enseignants et des écoles, non plus pour le "soutien à la difficulté", mais maintenant pour soutenir "la réussite des établissements".

Le ministère voudrait aussi que la direction d’école puisse aussi exercer des responsabilités municipales comme être responsable du périscolaire. L’Association des Maires de France se dit "perplexe" et dit qu’"il n’y a pas de travaux en cours".

Une réponse aux attentes des directrices et directeurs ?

Ce statut ne répondra pas à un légitime besoin de reconnaissance, il ne favorisera pas une plus grande autonomie dans la gestion de l’école. Bien au contraire, les directeurs et directrices devront mettre en place des outils et procédures qui viendront s’interposer entre eux et leur équipe enseignante. Cette division ne permettra ni aux uns ni aux autres de remplir leurs missions dans des conditions satisfaisantes. Tout comme le sont aujourd’hui les chefs d’établissements du second degré, les directeurs et directrices seront donc étroitement encadrés et leurs pratiques progressivement normalisées via des contrats d’objectifs et des batteries d’indicateurs jugés par l’institution comme « indispensables, « nécessaires » ou « utiles ».

A n’en pas douter, le déroulement de carrière et de rémunération serait associé au « mérite ». La logique concurrentielle entre écoles mettra aussi les collègues sous tension. Dans un cadre qui s’avérera vite très contraint, le discours de l’institution renverra les directeurs et directrices à leurs nouvelles responsabilités, plus lourdes au final, en leur disant : « Vous êtes désormais comptables des résultats des élèves, garant de la qualité des enseignements et des performances du système éducatif ».

Un statut pour les directeurs et directrices n’est pas sans poser de nombreuses questions en termes de gestion des personnels d’autant qu’il est fort peu probable qu’il concerne tous les actuels directeurs et directrices. Ceux directement rattachés aux principaux des collèges dans le cadre des écoles du socle ou/et ceux dans les écoles de taille importante (plus de 10 classes ?) se verraient confier des missions d’autorité, de futurs adjoints du chef d’établissement. Recrutement par concours ou poste à profil ? Si par concours comme le préconise le rapport Rilhac-Bazin, on créerait un nouveau corps avec tout ce qu’il implique (affectation, mutation, avancement…), potentiellement ouvert à des non-enseignants. Quel rôle, quelles missions pour toutes les personnes en postes actuellement qui n’intégreraient pas ce nouveau corps ou qui ne bénéficieraient pas de nouveau statut ?

Le SNUipp-FSU porte deux axes revendicatifs :

Répondre aux préoccupations des directeurs et directrices en avançant des revendications réellement porteuses d’améliorations des conditions de travail pour ces collègues (augmentation du temps de décharge, formation, aide au fonctionnement de l’école…). Dénoncer le statut comme un outil au service de la réorganisation territoriale des structures de l’Éducation Nationale et du nouveau management public.

Pour aller plus loin : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/11/13112018Article636776906882512397.aspx

https://www.snuipp.fr/actualites/posts/direction-pour-une-aide-au-fonctionnement-de-l-ecole

PDF - 179 ko
Lettre au ministère
opendocument text - 7.3 ko
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