Retour accueil

Vous êtes actuellement : METIER  / Direction d’école 


[DIRECTION] Situation d’urgence

jeudi 26 septembre 2019

Direction d’école : situation d’urgence !! Le malaise des directrices et directeurs s’accroit encore en cette rentrée. Il y a urgence à ce que notre institution en prenne la juste mesure et agisse concrètement et rapidement.

Alors que nous mettions en ligne cet article, comme un écho de la réalité insoutenable, une directrice de Pantin mettait fin à ses jours dans les locaux de son école. Le suicide de cette collègue suscite l’émotion de toute la communauté éducative. Le ministère de l’Éducation nationale doit en prendre toute la mesure.

https://www.snuipp.fr/actualites/po...

Si chaque rentrée porte son lot de tâches supplémentaires pour les directeurs, cette année les nouvelles injonctions font déborder le vase : rédaction du DUERP, communication avec les familles autour de « la mallette des parents », mise en place de la scolarité obligatoire à 3 ans avec les demandes d’aménagement qui en découlent …

D’années en années, la charge des directeurs ne cesse de s’alourdir, dans un contexte dégradé où les carences sont de plus en plus prégnantes et impactent directement la qualité du service et les conditions d’exercice de la direction : manque de médecins scolaires, psychologues scolaires, enseignants spécialisés, outils non fonctionnels … Autant d’obstacles au travail de direction. Les délais sont de plus en plus courts, et certaines injonctions arrivent alors même que les dates limites sont dépassées.

Cette rentrée, les directeurs doivent courir après les évaluations nationales, les guides du maître édités en nombre insuffisants, mettre à jour le PPMS avant le 15 septembre (délai imposé par un courrier du recteur reçu dans les écoles le 19 septembre), tout en menant de front les missions classiques d’organisation des services, de rédaction de l’avenant au projet d’école, d’organisation des APC, de coordination avec les partenaires, municipalités parents et autres ….

Tous les ans, la liste s’allonge un peu plus, les responsabilités de plus en plus nombreuses, la pression exercée sur les directeurs de plus en plus forte.

Quel que soit le groupe de direction, les remontées unanimes des directeurs cette rentrée scolaire témoignent de la réelle souffrance vécue au quotidien. Tant bien que mal, chacun tente de maintenir son école à flot, en gérant l’urgent et l’essentiel, en laissant le reste en attente, en accumulant les heures de présence à l’école, le temps de travail à distance… tout en essayant de garder la tête hors de l’eau ! Et ce, sans reconnaissance ni considération. On ne peut que constater effectivement la facilité avec laquelle un directeur peut-être remercié et rétrogradé en cas de fusion, sans indemnité compensatoire ni bonification quelconque.

Dans les petites écoles sans décharge, la tâche est démentielle. Même avec moins d’élèves, les sollicitations sont les mêmes qu’ailleurs. Mais, quand le directeur peut –il effectuer tout cela ? Son unique jour de décharge mensuel peut-il suffire ?

Dans les grandes écoles avec des décharges complètes, que l’administration nous présentait comme la recette miracle pour amenuiser la charge de travail, la situation est identique. Nombreux sont les directeurs à nous dire qu’ils sont isolés, que le temps manque et que la cohésion pédagogique est une mission impossible lorsqu’on compte plus de 14 classes.

Et quand face aux difficultés rencontrées, la réponse hiérarchique se résume parfois en pression et menace, force est de constater la faillite du système, au détriment des personnels et du service.

De toute évidence, il y a urgence à réagir.

La question de la direction d’école est la question de l’école toute entière.

Elle nous concerne tous, directrices, directeurs et adjoints.

Le SNUIpp-FSU a pris soin d’interroger tous les acteurs, lors de son étude en 2018, et non pas seulement les directrices et directeurs. Les ministères successifs proposent une seule voie de changement : la destruction de l’horizontalité de nos écoles, de la proximité et de la confiance en instaurant des EPEP (Établissement Public de l’Enseignement du Primaire), projet récurrent depuis 2004 (François Fillon) puis 2006 (Gilles de Robien), et encore en 2011. Un rapport relance l’idée en 2015, repris en 2017 pour aboutir au projet avorté de 2019 (loi Blanquer). Cette idée d’établissements autonomes pour école primaire (en lien ou pas avec d’autres écoles ou un collège), est un vieux projet, censé régler les problèmes de notre éducation nationale en créant un corps de direction du primaire. Des directeurs supérieurs hiérarchiques des professeurs des écoles : quelle grande et belle idée ! Nous constatons, au quotidien, la façon dont la hiérarchie nous aide à avancer ! L’administration des collèges et des lycées (établissements autonomes depuis 1985) n’est pas un modèle de relations humaines et d’efficacité, le SNES, notre syndicat du secondaire à la FSU pourrait en témoigner ! Même remarque pour les universités où la loi sur l’autonomie des universités a emporté l’enseignement supérieur dans un mouvement de concurrence dévastateur jusqu’au processus de sélection désormais organisé par parcours’sup !

L’argument « hiérarchique » ne tient pas une seconde face à la réalité du terrain : les collègues n’ont pas besoin de galons pour mieux réaliser leur travail, mais de temps et de cohérence.

Au printemps dernier, Blanquer a du remballer son projet d’établissement publique des savoirs fondamentaux : une victoire pour le primaire et pour notre organisation syndicale. Nous avons fait reculer ce projet, grâce à une mobilisation des agents et des usagers qui en ont perçu les dangers.

Le SNUipp-FSU 42 continuera d’intervenir dans toutes les instances où il siège pour réclamer des solutions qui cumulent faisabilité et respect des statuts actuels :

-  Un temps de décharge hebdomadaire pour tous les directeurs, quelle que soit la taille de l’école
-  Le retour des aides administratives dans les écoles, en les faisant évoluer vers des emplois pérennes, avec une véritable formation de secrétariat.
-  La mise à disposition des remplaçants disponibles en aide à la direction dès que possible.
-  La simplification des tâches administratives et la mise en place d’outils de gestion efficients et fonctionnels.
-  Des délais raisonnables pour effectuer les tâches demandées
-  Une réelle valorisation et reconnaissance de l’investissement des personnels.

Vous trouverez le détail du projet du SNUipp-FSU pour la direction d’école dans les deux brochures en pdf jointes au présent envoi : A diffuser et/ou imprimer pour « la salle des maîtres » !

PDF - 352.1 ko
L’article en PDF à afficher !
PDF - 7.1 Mo
Quelle direction d’école ? Brochure SNUipp
PDF - 3.1 Mo
FsC SNUipp direction d’école

Le SNUipp FSU 42 appelle les directrices et directeurs à ne pas rester isolés face à ces difficultés. N’hésitez pas à nous contacter dans les situations complexes.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp-FSU 42
Bourse du travail
4 cours Victor Hugo
42028 Saint Etienne cedex

Tél
Saint Etienne 04 77 41 33 21 04 77 41 56 45 snu42@snuipp.fr
Roanne 04 77 71 16 69 snu42a@snuipp.fr


Agrandir le plan