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[Ecole] Fin d’une politique nationale en EP ?

vendredi 15 novembre 2019

La perspective d’une politique nationale centrée uniquement sur les REP+, du renvoi des REP à une gestion académique.

Le rapport Azéma Mathiot annoncé depuis des mois a été enfin rendu public début novembre. Les propositions concordent avec les conclusions et propositions des rapports précédents, celui de la Cour des comptes, de France Stratégie ou encore du très récent rapport sénatorial Lafon Roux : « maintenir et renforcer l’EP » mais confier aux rectorats la gestion des écoles et collèges de REP.

S’il est affirmé que l’EP doit être maintenue et renforcée, il s’avère en réalité que nombre de propositions vont dans le sens du détricotage de la politique d’EP telle qu’elle existe aujourd’hui.

En effet le rapport préconise le maintien des REP+ sous la gestion du ministère mais il propose la sortie des REP d’une gestion nationale au profit « d’une politique de priorisation académique ». La prime REP serait supprimée et remplacée par une prime d’installation liée à un engagement sur une durée d’occupation des postes, les écoles orphelines des QPV (quartiers prioritaires de la politique de la ville) bénéficieraient uniquement de l’extension des dédoublements tandis que les autres écoles orphelines se verraient bénéficier simplement « d’un appui ».

Le rapport préconise également une articulation de plus en plus forte des REP+ comme de toutes les autres écoles (REP et hors EP) avec les collectivités territoriales. Quant à la carte de l’EP, elle serait maintenue en l’état jusqu’en 2022 pour le REP+ et des modifications pourraient être apportées dès 2021 pour les autres écoles.

Sous prétexte de mieux prendre en compte le rural et les écoles orphelines d’une part, d’en finir avec « les effets de seuil » d’autre part, il s’agit bien d’un véritable bouleversement, d’une mise en concurrence des territoires ruraux et urbains. Si le ministre annonce qu’il y aura des concertations interministérielles, des consultations avec les organisations syndicales, les collectivités et les élus, les lignes directrices sont lancées. Quid de la consultation de l’ensemble des acteurs de terrain et d’un véritable bilan de l’EP comme cela était prévu en 2014 ?

Azéma et Mathiot dessinent les contours de l’abandon d’une politique nationale d’EP. Ce rapport dévoile un projet où la politique éducative ne serait plus la seule prérogative de l’éducation nationale mais intégrée dans une démarche interministérielle, en lien avec les politiques de la ville, avec un renforcement simultané de l’intervention des collectivités territoriales. Et dans un premier temps, les écoles, les enseignants et les élèves de REP verront les moyens supplémentaires remis en cause, reconduits ou non, générant insécurité et instabilité permanentes. Il y a un véritable risque d’une politique d’EP à plusieurs vitesses et d’une dilution des politiques d’EP dans les académies au profit d’autres priorités.

Oui, il est nécessaire de demander des critères nationaux objectifs et transparents qui partent des écoles, et de refuser d’opposer rural et urbain, REP et REP+. Le ministre divise, à nous de rassembler pour une politique d’Éducation prioritaire nationale renforcée.

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