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Retraites : lutte syndicale, lutte sociétale

mercredi 31 janvier 2018

Le syndicat est bien sûr, la forme structurée des résistances aux attaques contre les salariés sur le lieu ou dans le milieu de travail. C’est la relation directe avec l’employeur, privé ou public, qui est en cause, salaires, conditions de travail, statuts. Mais aussi des relations plus complexes, à l’échelle de la société, les lois et Code du travail, les statuts de la Fonction publique, la place de l’Education, la Protection sociale ou le système des retraites.

Sur ces questions sociétales, la lutte classique, grèves, manifestations, est indispensable. Elle n’est pas nécessairement suffisante.

Entrent en jeu des acteurs essentiels, le politique et sa légitimité, l’unité ou la division syndicale, et surtout, l’opinion publique, dont nous faisons partie, mais qui est façonnée par les médias et experts de tout poil. Elle pèse lourd dans les capacités à gagner. La question du système des retraites est à ce point exemplaire, et appelle chacun d’entre nous, et nos syndicats en premier, à adopter une contre-offensive idéologique. On ne prendra que quelques exemples ici, en espérant que les membres de notre petit S1 de retraités pourront le relayer dans « notre opinion publique proche » et surtout, saura apporter d’autres arguments que nous relaierons dans ce bulletin.

La réforme des retraites, telle qu’elle a été présentée par le Président MACRON et Jean-Paul DELEVOYE sera « systémique, plus juste et plus lisible ». Que faut-il comprendre, que faut-il en dire ? Le système des retraites serait illisible : c’est vrai ! Mais depuis quand ? Depuis les réformes Balladur, Fillon, Woerth, Hollande. Avant 1993, le principe de calcul de la pension était simple et lisible pour tous : P=2% x Nombre d’années cotisées x Salaire (10 meilleures années ou 6 derniers mois) Depuis : c’est illisible, il y a les décotes, les surcotes (30% dans la fonction publique !), la durée de cotisation rallongée, l’âge de départ repoussé sans cesse, les primes comptabilisée de manière variable... Qui l’a rendu illisible ? Ceux qui s’apprêtent encore à le modifier ! Il y a des injustices ! Le grand réformiste des pensions, Nicolas Sarkozy, a fait voter par l’Assemblée une « réforme des pensions » des 5000 médecins professeurs en CHU. Pension payée à 20% par leurs cotisations, 80% par l’employeur, donc … l’Hôpital public ! Splendeur des uns, misère des autres ! Le système privilégierait le public au détriment du privé. Systèmes différents mais au final, le niveau des pensions, à qualification égale, ne l’est guère. Chaque système de retraite a ses logiques car l’organisation et les profils de carrière sont différents. Essayons d’imaginer le système des 6 derniers mois appliqué aux salariés du privé quand on sait que leurs salaires baissent en fin de carrière et surtout, que dès 55 ans, nombre d’entre eux, surtout d’entre elles, perdent leur travail ou subissent CDD et précarité !

Ce sera une réforme par points, et un euro cotisé donnera le même nombre de (fractions) de points à chacun. Regardons ce qui existe déjà, puisque le système par points existe pour les retraites complémentaires du privé et des cadres (AGIRC-ARCO). En euros constants, dans les années 60’, l’euro cotisé rapportait 15c, aujourd’hui 7c. Le système doit être réformé dans la douleur de plus en plus souvent. Toujours au détriment des cotisants. Les mêmes droits pour tous. Mais la valeur du point serait fonction de paramètres. En particulier l’espérance de vie. Les personnes de 62 ans ont une espérance de vie (aujourd’hui) de 20 ans. On divise la masse des points (pas leur valeur) par 20. A chaque génération, son niveau de pension ; on recalcule tous les 10 ans. La pension dépend donc des autres, de leur nombre. Pas seulement de ses propres cotisations !

Chaque euro cotisé comptera : quel cadeau ! Ce ne seraient donc plus les 25 meilleures années mais toutes ! Les bonnes, et les moins bonnes ! Chômage précarité compris ! Pour les carrières hachées des femmes, ce sera pire qu’aujourd’hui ! Disons-le, ce qui est prévu pour tous, c’est faire passer le « poids » des retraites dans le PIB de 15 à 12%. Donc : baisser les pensions. Et par une individualisation qui interdit toute action collective, le but avoué est de réduire la part socialisée du travail que représentent nos pensions. Alors, plus juste ? Plus lisible ?

Stéphane BATIGNE

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