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[METIER] Maternelle attaquée : quelle riposte ? Webinaire le 19/01

mardi 12 janvier 2021

Après avoir aménagé les programmes de l’école élémentaire, le ministre s’attaque à l’école maternelle. En prétextant de l’instruction obligatoire à 3 ans, alors que l’école maternelle était déjà fréquentée par 97% des enfants âgés de trois ans, le ministre a chargé le conseil supérieur des programmes (CSP) de modifier ceux de l’école maternelle.

Webinaire Mardi 19 janvier 2021 à 20h30

Pour aider à comprendre comment la maternelle est attaquée dans ses fondements et entrevoir des pistes de « riposte », le SNUipp-FSU propose un webinaire spécial maternelle le mardi 19 janvier 2021 à 20h30.

A la demande du ministre, le Conseil supérieur des programmes (CSP) a publié une note proposant une ré-écriture du programme de la maternelle qui marque une véritable rupture concernant ses missions.

La place du langage, le rôle du jeu dans les apprentissages, l’évaluation positive, le principe du « tous et toutes capables », déterminants d’une école première accueillante, bienveillante et exigeante, seraient remis en cause au profit d’une primarisation et de la préparation aux évaluations standardisées de CP. L’individualisation primerait sur l’apprendre ensemble, les interactions entre pairs minorées... Les apprentissages se réduiraient à des procédures mécaniques et répétitives visant l’acquisition des savoirs « fondamentaux ».

Véronique Boiron et Joël Briand apporteront leur éclairage. Ensemble nous tenterons de répondre aux questions suivantes : En quoi les propositions du CSP constituent-elles une attaque des fondements de la maternelle ? Quelle orientations sous-entendent-elles ? De quelle marge de manœuvre disposent les enseignant·es pour y résister ?

Modalités pratiques  : s’inscrire en amont afin de recevoir le lien de visionnage du webinaire. Ce lien sera envoyé ensuite par mail.

Communiqué de presse du SNUipp FSU

Les programmes de 2015 avaient pourtant été plébiscités par la profession et l’ensemble de la communauté éducative. La place du langage, le rôle du jeu comme entrée dans les savoirs ou encore l’importance des activités sportives et artistiques comme l’attention particulière aux progrès de chaque élève y étaient affirmés. Ces programmes dessinaient les contours d’une école maternelle bienveillante et exigeante, soucieuse du développement langagier, sensoriel, culturel, corporel et social de tous les enfants.

La note du CSP remet complètement en cause la philosophie même de ces programmes. Les auteurs de la note confondent langue (syntaxe, vocabulaire) et langage. En mathématiques, l’importance de la cardinalité est mise en avant au détriment de la construction du nombre.

De même, les différences entre enfants ainsi que l’importance d’apprendre ensemble via des interactions entre pairs sont gommées. Les apprentissages sont ainsi réduits à des procédures mécaniques et répétitives modifiant profondément le sens de l’école maternelle.

Des propositions qui révèlent une profonde méconnaissance du développement des enfants, de leur diversité et de la didactique des enseignements en maternelle.

Les résultats des évaluations nationales standardisées en CP, dont les finalités et la méthode sont contestables, serviraient aussi de prétexte pour réviser les programmes. Les objectifs de la maternelle seraient réduits à une préparation au CP et aux évaluations standardisées. L’obsession incessante de l’évaluation par ce ministère conduira inévitablement à classer les élèves dès l’âge de trois ans faisant ainsi reposer la responsabilité de l’échec scolaire sur les familles, notamment celles issues des milieux populaires.

Ainsi voit-on réapparaître la tentation d’un dépistage précoce des enfants en forme de renoncement au “tous capables” qui devrait pourtant guider l’école.

Rendre l’instruction obligatoire à trois ans, sans investir pour une meilleure qualité de scolarisation dans l’école publique mais en resserrant les apprentissages sur les fondamentaux sans se soucier du développement de l’enfant c’est abandonner l’idée d’une école émancipatrice et démocratique qui permettrait la réussite de tous.

Pour prendre toute la part qui lui revient dans la réduction des inégalités scolaires, l’école première a besoin d’être confortée dans son fonctionnement actuel avec plus de moyens : effectifs réduits, formation initiale et continue spécifiques, locaux et matériels adaptés, une ATSEM par classe à temps plein, interventions du RASED...

L’école maternelle a surtout besoin d’une politique éducative qui prenne en compte sa singularité. Une politique qui fasse confiance aux enseignantes et enseignants sur le terrain, professionnels de l’éducation.

Paris, le 14 décembre 2020

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