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[METIER] Grenelle de l’éducation : analyse et décryptage

mardi 1er juin 2021

Les conclusions du Grenelle de l’Éducation rendues publiques par le ministre près de quatre mois après leur clôture montrent à nouveau que l’organisation de ce symposium n’avait comme seul intérêt que sa médiatisation en guise d’autosatisfaction ministérielle.

L’analyse et le décryptage du SNUipp-FSU

Les conclusions de ce "grenelle" actent l’enterrement définitif d’une loi de programmation pluriannuelle de revalorisation des enseignant·es et des AESH. Loin d’être “historique”, cette revalorisation restera anecdotique pour la majorité d’entre elles. Une partie des annonces chiffrées concernent des mesures déjà actées par ailleurs. Reconduction de la prime direction d’école, extension en année pleine des mesures annoncées l’an dernier pour 100 millions, participation de l’Etat à la protection sociale complémentaire dans toute la Fonction publique ce qui représente 200 millions pour le million d’agent·es du ministère. Seuls 400 millions d’engagements nouveaux ne peuvent répondre à la baisse du pouvoir d’achat suite au gel de la valeur du point d’indice (près de 12% depuis 2010), et encore moins au déclassement salarial des enseignant·es ou à la situation salariale indigne des AESH. En début de carrière l’écart est de 9,5% avec les pays de l’Union européenne et se creuse à 23,5% après 15 ans de carrière.

Le ministre recycle l’observatoire des salaires qu’il n’avait jamais mis en œuvre pour en faire un “observatoire des rémunérations et du bien-être”. Un bien-être déjà mis à mal par la politique éducative poursuivie depuis 4 ans et qui risque fort de se dégrader encore avec les autres mesures annoncées. Le souhait de la majorité des enseignant·es n’est pas d’accéder à un poste d’encadrement, ni pour les directrices et directeurs d’écoles de devenir des managers... ou encore de « bénéficier » d’un suivi rapproché. Ils et elles exigent bien au contraire une reconnaissance de leur expertise professionnelle et un renforcement de leur liberté pédagogique au service de la réussite des élèves qui leurs sont confiés.

12 mesures ont été présentées par le ministre lors de sa conférence de presse : le détail ici.

Communiqué de presse FSU du 26 mai 2021 - Grenelle de l’éducation : encore des mots !

A l’occasion de la restitution des ateliers du Grenelle de l’Education, Jean-Michel Blanquer a annoncé des mesures qui sont loin d’être à la hauteur de la « revalorisation historique » promise par le ministre depuis des mois. Jean-Michel Blanquer évoque des engagements sans aucune garantie pour les années à venir, abandonnant toute idée de loi de programmation pluriannuelle qui aurait permis de donner de la visibilité et de la crédibilité au processus. Encore un renoncement !

L’annonce d’une augmentation de 400 millions d’euros au budget 2022 ne concerne pas tous les personnels de l’Education nationale alors même qu’une revalorisation de tous les agents est nécessaire. Le ministre a longuement salué l’engagement des personnels du service public d’Education pendant la crise sanitaire, mais les mots ne suffisent pas !

La FSU rappelle sa demande d’une revalorisation qui concerne l’ensemble des personnels, titulaires et contractuels. Elle a aussi insisté sur l’urgence de la situation des AED et AESH et sur une politique salariale qui vise l’égalité entre les femmes et les hommes.

Les autres annonces oscillent entre mesures qui relèvent de l’affichage et transformations profondes et inquiétante du système éducatif, par exemple en matière de ressources humaines. Les perspectives sur le remplacement, les collectifs pédagogiques, la direction d’école, vont être discutées en juin.

La FSU considère qu’il n’est pas sérieux de traiter toutes les questions des métiers de l’éducation dans un calendrier aussi court et avec aussi peu de clarification sur le lien avec les questions de revalorisation : s’agit-il de définir de nouvelles missions pour "justifier" la revalorisation ? Pour la FSU, la revalorisation doit se faire sans contrepartie.

Il faut une autre politique pour le service public d’Education avec un véritable plan d’urgence pour l’Ecole et la rentrée 2021.

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